Le futur, c’est maintenant. Nous sommes en 2150 et le sport national s’appelle Laser League. Deux équipes s’affrontent dans une arène futuriste et doivent activer des lasers pour éliminer leurs adversaires. Un principe simple comme bonjour, une douce saveur arcade, mais qu’en est-il vraiment ?
Roll7 (OlliOlli, Not a Hero) est un studio qui ne manque pas de talents. Le passé nous a prouvé qu’on pouvait compter sur leurs concepts, souvent sommaires, mais efficaces. Laser League s’inscrit dans cette optique. Deux teams face à face, des nœuds à activer afin de déclencher des lasers de sa propre couleur meurtriers pour l’adversaire, quelques bonus et compétences et vous voilà lancé dans l’arène. Tel un Rocket League, dont il s’inspire largement, le jeu de Roll7 est bien plus complexe qu’il n’y paraît, avec de nombreux éléments stratégiques à prendre en compte. Activer un nœud au moment où un adversaire s’approche par exemple, permet de surprendre avec finesse et perfidie. Les parties sont dans un premier temps intenses, ce que l'on doit principalement à deux choses.
Dans l'idée, c'est fun...
D’une part, une manche ne s’arrête que si tous les personnages d’une même équipe sont morts en même temps. Il est en effet possible de ranimer les compagnons au sol, et c’est justement là qu’intervient une bonne partie de la stratégie. Parfois, se sacrifier pour relever un pote ou ramasser un bonus important est un choix tout à fait viable. Les parties s’allongent alors, avec des pléthores de feintes entre les lasers et d’innombrables retournements de situation. Néanmoins l’autre raison qui fait de Laser League un concept efficace, ce sont les classes, au nombre de six, qui ont chacune une capacité propre. Le Voleur peut récupérer le laser d’un adversaire, le Tireur marque une zone et s’y téléporte en tuant les adversaires sur le passage, la Lame dispose d’une attaque mortelle à courte portée, l’Impact peut éjecter un adversaire, l’Ombre a la possibilité d’activer une période d’invincibilité et enfin, le Choc permet d’immobiliser un joueur pendant un court laps de temps. Tous ces pouvoirs ont un cooldown, ce qui signifie qu’il faut les utiliser avec parcimonie plutôt que de marteler le bouton à tout va. Par exemple, tout l’intérêt de l’Impact est de se placer de façon à envoyer un adversaire vers un laser de notre équipe, alors que le voleur a plus d’intérêt à récupérer un laser long et mobile plutôt qu’un petit nœud esseulé dans un coin.
Dans l’ensemble, les pouvoirs sont bien équilibrés et quelques stratégies d’équipes naissent rapidement. Immobiliser un ennemi pour qu’une Lame vienne finir le travail, par exemple, est une idée récurrente. Toutefois, compte tenu du concept qui tourne autour des lasers, on peut regretter la présence de ladite Lame, qui est la seule capacité qui s’avère être une arme à elle toute seule…
... Mais dans la pratique, c'est pas ça.
Bref, jusqu’ici, nous avons dressé un tableau plutôt positif de Laser League, et il est vrai que certaines parties finissent dans les sueurs froides. Toutefois, de gros manques viennent gâcher la fête, à tel point qu’il nous est impossible de vous conseiller l’achat. Première chose, si les arènes sont nombreuses, avec des chorégraphies de nœuds et de lasers plus ou moins complexes, on peut regretter qu’aucune ne contienne d’éléments aléatoires, ce qui permet aux joueurs qui bénéficient d’une bonne mémoire de camper les zones de spawn de nœud ou de bonus au moment adéquat. Le titre aurait largement bénéficié d’une dimension « surprise ». C'est d’autant plus notable avec les bonus (inversion de couleurs de laser, invincibilité, etc.), qui deviennent fatalement prévisibles. Toutefois les problèmes de Laser League vont bien au-delà de ça. Alors que le gameplay de Rocket League se voit densifier par la physique de la balle et des véhicules, le concept de Laser League ne tient qu’à la stratégie pure basée sur un concept très simple, un principe insuffisant sur le long terme. Au fur et à mesure des parties, on sent s’installer une certaine lassitude diablement tenace. Un défaut accentué par l’absence quasi totale de modes de jeux, là où le concept aurait pu être décliné. Vous pouvez jouer en ligne ou en local, cependant les variations de parties ne touchent que les mouvements des lasers selon les arènes. Autant dire qu’il est difficile de créer une communauté sans contenu et cela se ressent drôlement en ligne : il est difficile de trouver une partie complète en 3v3, les absents étant remplacés par des bots insipides. L’expérience de jeu en prend un coup, les parties contre des IA n’ayant aucune saveur, ces dernières étant très limitées en matière de stratégie. A la limite, on aurait pu se dire que jouer en ligne avec un/des pote(s) en local aurait pu en partie pallier ce problème, mais Laser League ne dispose même pas de cette option.
Pour le reste, la possibilité de personnaliser son avatar ne sauve pas les meubles et s’avère en grande partie gadget, malgré les variations de pouvoirs à débloquer selon le niveau. Il faut dire que les skins n’ont que peu d’intérêt tant le design visuel de Laser League est fade et sombre. Les personnages n’ont d’ailleurs aucune classe et si on se doute que les moyens techniques de Roll7 ne sont pas infinis, on aurait pu espérer quelque chose de plus alléchant. Heureusement, la bande-son est déjà bien mieux inspirée, surtout si vous appréciez l'électro à la "Tron".
Points forts
- Concept concis, mais technique
- Bien plus intelligent qu’il n’y paraît
- Quelques fins de parties intenses
- La bande-son électro
Points faibles
- Répétitif, absence de variation
- Furieux manque de modes de jeu
- Un design terriblement insipide
- Vous aimez jouer avec des bots ?
- Impossible de jouer en ligne avec un pote sur la même console/même PC
Laser League, c’est ce petit concept sympa qui peut nous amuser quelques minutes, mais qui révèle ses problèmes sur le plus long terme. Certaines parties sont intenses, cependant quand il faut approfondir la meta, on se rend compte que le manque de modes et de variations finissent par tuer le jeu de Roll7. A peine sorti, déjà déserté : les joueurs semblent déjà avoir fait demi-tour malgré des premiers instants pleins de promesses. Dommage.