Alors que nous avions laissé Trevor et Sypha en compagnie d'Alucard à la fin de la première saison de Castlevania, nous retrouvons notre petite troupe aux abords du château du comte Dracula. Enfin, si l'on peut dire, l'hôte n'ayant pas son pareil pour faire bouger selon ses envies son imposant édifice. Une façon comme une autre pour cette deuxième saison de prendre à nouveau son temps et de s'attarder un peu plus sur les troupes de Dracula avant la d'ores et déjà annoncée Saison 3 qui s'offrira le luxe d'une dizaine d'épisodes contre 8 segments pour cette deuxième saison, soit deux fois plus que la première.
Trailer de la Saison 2 de Castlevania
Sans surprise, Castlevania – Saison 2 possède exactement les mêmes qualités et défauts que la Saison 1. Bien que les somptueux décors soient légion, ils tranchent à nouveau avec un chara design pas toujours très heureux et surtout une animation se révélant par moments disgracieuse. On ne peut d'ailleurs s'empêcher de penser à ce qu'aurait pu donner la série entre les mains de grands studios japonais comme Studio 4°C, Production I.G ou bien encore Madhouse qui s'était notamment chargé de la série Devil May Cry en 2007 et dont la nouvelle itération devrait revenir à Shankar Animation. Néanmoins, cette production Netflix conserve de solides qualités pour palier l'aspect technique, également fluctuant et synonyme d'éléments en CG des plus hasardeux. Ainsi, outre un écrin artistique proposant quelques fulgurances, le doublage anglais s'avère une fois encore irréprochable, chaque comédien semblant avoir pris beaucoup de plaisir à incarner la galerie de personnages qui s'étoffe grâce aux lieutenants du Prince des ténèbres. D'ailleurs, le fait que cette seconde saison s'attarde principalement sur les bras droits de Dracula fait sens sachant que les Forces du bien avaient, elles, eu un traitement privilégié lors de la première saison.
Il est donc tout à fait plaisant de découvrir la cour de Dracula d'autant qu'au delà de la promesse d'affrontements dantesques à venir (ceux-ci ayant lieu notamment dans l'incroyable Episode 7), trois sbires ressortent du lot et s'avèrent des plus intéressants tant dans leur psychologie que les trahisons se fomentant dans l'ombre. Hector, chétif forgeron hors pair ayant la capacité de ramener les morts à la vie, forme ainsi un étrange et unique duo avec Isaac, seuls humains au milieu d'une légion de vampires, ce qui n'est pas vraiment du goût du suceur de sang Godbrand. Si de ce postulat naît rapidement des querelles intestines au sein du groupe, l'arrivée de Camilla accentue cet état de faits en plantant la graine de la trahison au sein des proches de Dracula. En effet, la vampire n'étant pas femme à se laisser dominer par la gente masculine, elle ne tardera pas à comploter contre le comte. Bien que son arrivée fracassante ne laisse planer aucun doute sur sa nature et ses intentions, elle n'en reste pas moins un personnage fort, seule femme dans un univers d'hommes, usant aussi bien de ses charmes que de sa force pour parvenir à ses fins.
Face à elle, Hector et Isaac semblent donc démunis. Ce serait vite oublier l'importance de ces deux humains pour Dracula, le premier étant à même de fournir une armée bon marché grâce à ses talents, le second s'avérant un ancien esclave au passé douloureux, oscillant désormais entre expiation et dévouement total au comte. Chacun profitant de flashbacks aussi courts qu'intenses, on apprend vite à les cerner et à s'intéresser à eux, à leur personnalité et à leur rôle futur au sein de cette guerre se préfigurant entre deux clans que tout oppose.
Bien que le format court n'aide pas vraiment à développer l'intrigue, cette façon de faire n'est finalement en rien préjudiciable à la série, Trevor, Sypha et Alucard continuant d'avancer au grès de la présentation des forces ennemies jusqu'à arriver au château du vampire séculaire. Les fans devraient même frémir lors de la découverte d'un item iconique de la série de Konami. L'équilibre est donc mieux maîtrisé que dans la première saison d'autant que les conversations dispendieuses laissent ici place à des échanges verbaux ayant principalement vocation à nous apprendre quelque chose sur l'univers (ou ses protagonistes) toujours aussi sombre, sanglant et mettant aux prises un être damné face à une Eglise prompte à condamner une fois de plus ce qu'elle ne comprend pas ou qu'elle rejette fermement.
Alors que la série offre davantage de scènes d'action, le superbe affrontement final, dont on vous laisse le plaisir de la découverte, synthétise à lui seul les principaux soucis du show, l'excellente chorégraphie et quelques effets spéciaux réussis ne parvenant jamais à masquer complètement une animation en dents de scie et un sound design un peu trop timide. Pourtant, on suit avec un grand intérêt l'intrigue de la série qui confirme la bonne impression laissée par la première fournée d'épisodes et ce malgré des problèmes persistants.
Néanmoins, on pourra regretter la présence un peu en retrait de Dracula dans cette suite, le charisme et la classe du personnage survolant à peine les 3/4 de la saison jusqu'à un final, dantesque, plus personnel mais sous certains aspects un peu expédié. Cependant, la fin de la Saison 2 se ponctuant par quelques coups de théâtre, on est impatient de savoir vers quoi les producteurs vont s'orienter pour la Saison 3. Il faudra également que le show poursuive ses efforts pour amener un rythme encore plus soutenu en évitant le piège des épisodes supplémentaires ne servant à rien. Les scénaristes devront ainsi savoir parfois délaisser ce côté contemplatif et posé, parfaitement adapté à un début de série privilégiant l'exposition des personnages mais plus difficile à accepter par la suite, surtout de la part d'une telle adaptation.