Une équipe de scientifiques de Singapour cherche à connaître la date de péremption de notre espèce, en réalisant plusieurs analyses. Ils se rendent compte que finalement, le vieillissement, c'est une affaire complexe.
Un record difficile à battre
La fin de la vie humaine est inévitable, bien que l’espérance de vie en France ne fait que grimper grâce aux progrès médicaux qui ne cessent de faire la différence. Après tout, la personne ayant vécu le plus longtemps est une française. En 1997, Jeanne Calment établit un nouveau record de longévité pour notre espèce, en arrivant au grand âge de 122 ans. Et dire qu’au 18ème siècle, les scientifiques estimaient qu’il serait difficile pour nous d’atteindre les 100 ans.
Les spécialistes en savent aujourd’hui bien plus sur la nature complexe du vieillissement humain, et ils envisagent la possibilité pour nous de vivre encore plus longtemps. C’est ce que des chercheurs de Singapour expliquent en tentant d’estimer la limite de notre vie. Ils travaillent pour l’entreprise Gero, et ont analysé le bilan sanguin de nombreuses personnes aux États-Unis et en Angleterre.
Ils ont pu se rendre compte qu’en prenant de l'âge, le corps humain avait de plus en plus de mal à se remettre d’un problème de santé. Ça nous parait évident dit comme ça, mais c’est en partie ce qui fait qu’il est plus difficile pour une personne âgée de se rétablir. On appelle ça “la résilience”.
La limite de la vie humaine
Si cette résilience vous accorde deux semaines en moyenne pour récupérer d’une petite maladie à 40 ans, elle ne fait que s’affaiblir avec le temps. Plus on vieillit, plus on met de temps à aller mieux. À partir de 80 ans, elle monte à six semaines, pour ensuite arriver à plus de 9 semaines à partir de 90 ans.
L’auteur de cette étude, Timothy Pyrkov, apporte plus de précisions là-dessus : “en vieillissant, il faut de plus en plus de temps pour récupérer après une perturbation, et nous passons de moins en moins de temps proche de l’état physiologique optimal.” Finalement, on finit par totalement perdre notre résilience : “La résilience serait finalement perdue au point critique à un âge compris entre 120 ans et 150 ans, indiquant ainsi la limite absolue de la durée de vie humaine.” Vous l’aurez compris, à partir de 120 ans, évitez de choper un rhume. La résilience réduite a été aussi observée chez des individus ne souffrant pas de maladies chroniques majeures.
Un communiqué de Gero explique : “La perte de résilience prédite, même chez les individus les plus sains et vieillissant le mieux, pourrait expliquer pourquoi on ne constate pas d'augmentation de la durée de vie maximale, alors que la durée de vie moyenne a régulièrement augmenté au cours des dernières décennies.”