Le choc du passage à la 3D
En amorçant pour la première fois le brusque virage de la 3D, la saga Zelda réussit le pari improbable de faire l'unanimité auprès des joueurs qui craignaient, pour la grande majorité, que l'abandon de la formule classique ne nuise à la magie de la série. Il n'est pas exagéré de dire que le choc de découvrir, au lancement du jeu, le royaume d'Hyrule en trois dimensions fut au moins aussi important que les premiers pas autour du château de Peach dans Super Mario 64. La réalisation est fantastique pour le support, les environnements affichent une profondeur de champ impressionnante et la modélisation des personnages dépasse de très loin ce qu'on avait pu imaginer en regardant la première démo technique de 1995. Le plus bluffant est encore l'animation qui donne vie de manière saisissante aux individus qui composent l'univers du jeu. Et Link n'est pas en reste puisqu'on ne peut pas le laisser cinq minutes sans le voir s'étirer dans son coin, rajuster sa tunique, examiner son épée ou même éternuer à répétition !
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Un héros muet mais expressif
Perché sur le dos d'Epona, on peut aussi le voir se retourner et caresser amoureusement sa jument. Le héros a beau être muet, comme il est de coutume dans la série, il se révèle pourtant carrément expressif, et pas seulement parce qu'il pousse des cris à réveiller les morts. Son visage reflète tantôt l'étonnement, tantôt la peur panique... souvent pour des raisons ridicules qui le poussent à prendre la fuite, ce qui lui confère un côté timide particulièrement attachant. Ecouter les mots doux de Saria et faire un câlin aux Gorons semble en tout cas plus difficile pour lui que donner une leçon à Ganondorf !
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Un jeu pensé pour le pad N64
Mais pour qu'un jeu ne perde rien de son attrait malgré le passage des ans, il faut avant tout que son gameplay soit à toute épreuve. A ce niveau-là, Ocarina of Time a donné une leçon à tous ceux qui craignaient que la série ne perde son côté intuitif et précis avec l'avènement de la 3D. L'une des raisons de cette réussite s'explique par le fait que le jeu a été entièrement conçu autour de l'utilisation de la manette N64. Un pad pour le moins atypique qui s'adapte parfaitement au soft pour rendre l'expérience de jeu à la fois ergonomique et efficace. L'équipe de développement a notamment eu la bonne idée d'affecter les quatre boutons C, habituellement associés à la gestion de la caméra, à des raccourcis permettant d'utiliser les armes et les objets. Un plus indéniable qui évite d'avoir à ouvrir et fermer le sous-menu trop souvent. Le stick est lié aux déplacements mais les sauts sont automatisés, ceci afin de réduire la dimension plate-forme pour faire ressortir le côté action-aventure, même si le gameplay reste extrêmement exigeant et ne pardonne pas la moindre imprécision avec le stick analogique. Le bouton d'action est contextuel et ses effets changent ainsi selon l'endroit où l'on se place, ce qui ouvre un grand nombre de possibilités d'interactions.
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La visée-Z
Le gros points fort du gameplay d'Ocarina of Time n'en reste pas moins le concept de visée-Z (ou Z-targeting). Concrètement, la gâchette Z est utilisée dans le jeu pour verrouiller un ennemi, un NPC ou un objet, ce qui permet de lui tourner autour sans avoir à s'embarrasser des problèmes de caméra. Dit comme ça, le concept paraît évidemment banal, mais n'oublions pas que si le lock est présent aujourd'hui dans quasiment tous les titres d'action-aventure, c'est à Ocarina of Time qu'ils le doivent. Le soft pousse d'ailleurs l'idée assez loin puisqu'on peut non seulement en profiter pour effectuer toutes sortes de mouvements acrobatiques autour d'un ennemi (pas ou sauts de côté, attaque plongeante, saut périlleux arrière) mais aussi parer et renvoyer des projectiles en contrôlant manuellement le bouclier. A distance, la visée-Z est idéale pour envoyer des flèches sur les créatures volantes, même s'il est toujours possible de la désactiver pour tirer en vue subjective. Pour la petite histoire, un gameplay en vue à la première personne avait été pensé pour ce jeu à une certaine étape de son développement, mais il se limitera finalement à des actions utilisables uniquement à l'arrêt.
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La fée Navi
N'oublions pas que la visée-Z est aussi largement associée au personnage de Navi, la petite fée qui aura agacé tant de joueurs par ses « Hey ! Listen ! » intempestifs. Il est vrai que les conseils que Navi est censée vous donner concernant les points faibles des ennemis ne sont pas toujours d'une grande utilité et qu'on aimerait parfois lui couper le sifflet quand elle nous rappelle à l'ordre à chaque fois qu'on s'écarte un peu de la quête principale !
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Voyages dans le temps
Plus ambitieux que jamais, le gameplay d'Ocarina of Time s'appuie également de manière considérable sur la notion de voyage dans le temps, mais nous en parlerons plus longuement dans une autre partie de ce dossier. L'alternance diurne / nocturne impacte elle aussi considérablement le déroulement du jeu dans le sens où les environnements ne renferment ni les mêmes ennemis ni les mêmes secrets selon qu'on les parcourt de jour ou de nuit. Tout ceci, et plus encore, explique en partie pourquoi Ocarina of Time a marqué de manière phénoménale la série Zelda, mais aussi l'industrie du jeu vidéo dans son ensemble.
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